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  • Quartier Japon

Stéréotypes et mots japonais

Régulièrement, j’anime dans des établissements scolaires, des médiathèques, des entreprises, pour présenter les différents systèmes d’écriture du japonais et la calligraphie. Plus récemment, je présente également le Japon, sa culture et sa société, à travers des échanges – conférences.

Dernièrement, l’un des participants m’a demandé ce que signifie le mot « yakuza » et quels sont les kanjis (idéogrammes chinois) de ce mot. Je n’ai pas su lui répondre. D'ailleurs, pas plus l’amie japonaise à laquelle je demandais ensuite n’a pas su répondre.

Cette anecdote m’a ainsi rappelé la remarque d’un élève d’un collège, après que j’avais demandé à la classe à laquelle je présentais le Japon « D’après-vous, c’est comment le Japon ? » « Les gens se promènent en kimono. », m’avait répondu cet élève.

 

En effet, nous pensons généralement connaître beaucoup de choses sur le Japon et nombreux sont les mots japonais devenus familiers à nos oreilles. Mais savons-nous ce qu'ils signifient véritablement ?


Tout d'abord, le terme « Yakuza », qui désigne la pègre, la mafia, japonaise.

Il n’y a pas de kanji pour l’écrire et il s’écrit en katakana  « ヤクザ » (syllabaire réservé notamment pour l’écriture des termes non-japonais).


Ce terme, apparu sous le shogunat des Tokugawa (1603-1867), tire son nom d’une combinaison de cartes au jeu du "oicho-kabu".


« Ya » signifiant 8, « ku », 9 et « za » 3, ce qui donne une main de 20 points, soit une main perdante. « Yakuza » renvoie donc à des « perdants », des « bons à rien ». A l’origine, les « yakuza » étaient des personnes parmi les plus pauvres, exclues de la société.

Une seconde origine du mot "yakuza" est cependant parfois évoquée.

Des joueurs se réfugiaient à l'époque, pour jouer dans des sanctuaires Shintô, car, étant sacrés, les policiers n’étaient en principe pas censés pouvoir y pénétrer. Néanmoins, ils s’y risquaient quand même.

Pour les voir arriver, l’un des joueurs guettait, debout sur une chaise, à l’entrée du sanctuaire l’arrivée d’éventuels policiers. « Yaku » (« le rôle, la fonction » en japonais), de la chaise « Za » était ainsi un rempart entre les joueurs et les policiers.

Finalement, de nos jours, le terme « Yakuza » n’est plus vraiment utilisé au Japon. On lui préfère « Hansha – 反社 (はんしゃ) » contre la société ou celui de « Bôryokudan - 暴力団 (ぼうりょくだん) groupe violent. Ces deux termes désignant des groupes plus larges, pas uniquement les « yakuza ».


Le terme « sushi - 寿司 (すし) » ne désigne pas seulement la boulette de riz recouverte d’une tranche de poisson ou d’omelette japonaise. Il désigne plutôt un ensemble de préparations culinaires composées de riz vinaigré et d’un autre ingrédient, généralement du poisson cru ou des fruits de mer.

Ce que nous appelons « sushi », la boulette de riz recouverte d’une tranche de poisson ou d’omelette correspond à l’une des préparations de cette famille. Plutôt que « sushi », ce sont des « nigiri sushi », du verbe « nigiru » qui signifiant serrer (serrer la boulette de riz dans le creux de sa main pour lui donner la forme et la consistance de la boulette de riz.


D’autres préparations de cette famille nous sont aussi bien connues désormais :

  • les « maki zushi », à savoir les rouleaux entourés d’algue japonaise,

  • les « onigiri », ces grosses boules de riz ou en forme de triangle, avec à l’intérieur une prune salée japonaise ou du thon mayonnaise ou autre,

  • les « shirashi zushi », ces plats de riz surmontés de différentes tranches de poissons crus et d’omelette, qui sont généralement très jolies visuellement,

  • les « inari zushi », soit des préparation de riz vinaigré fourrées dans un pochon de tofu frit,

  • les « temaki zushi », qui sont peut-être les plus simples à préparer à la maison quand on reçoit des amis : dans une feuille d’algue japonaise, nori, on place une couche de riz vinaigré sur laquelle on ajoute différents ingrédients déjà détaillés en bâtonnet, comme du poisson cru, de l’avocat ou du concombre et on roule ensemble le tout pour lui donner la forme d’un cornet.

Il existe également encore d’autres préparations, plutôt régionales et moins sinon peu connues en Occdident.


Le terme de « Geisha 芸者 (げいしゃ) »

La geisha est une multi artiste spécialisée dans le divertissement de ses clients.

Après une formation rigoureuse dans différents arts, tels que le chant, la danse, le shamisen, l’animation de soirées, ..., elle répond à des sollicitations pour se rendre dans les différentes maisons de thés et autres qui font appel à ses services.

Il en reste actuellement toujours quelques centaines en activités, bien que leurs tarifs soient très onéreux.

La geisha n’est donc pas une prostituée, comme nous le supposons généralement.

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