• Mariama Sylla

Pratiquantes devenues enseignantes d'ikebana


Karine Galinier, Valérie Gaudin et Ghislaine Benoit, ont été formées par Akiko Gishi pendant plusieurs années, jusqu'au passage du grade "Waki-san", qui leur permet de réaliser des compositions rikkas et de transmettre leurs connaissances et leurs expériences en ikebana à des élèves. Toutes les 3 sont ainsi diplômées de l'école Ikenobo.

Quand leur Maître, Akiko, a souhaité se lancer dans une nouvelle activité professionnelle, elle leur a proposé de prendre sa suite, à la fois en s'occupant de l'association qu'elle avait créée (Atelier Mizuki de Paris) et en assurant ses cours d'ikabana.


Karine Galinier

"Quand j’ai commencé à pratiquer l’Ikebana, jamais je n’aurais pensé pouvoir enseigner.

C’est Akiko GICHI qui m’a fait comprendre qu’en rentrant en contact avec les végétaux on pouvait nouer une conversation intime avec eux. Ce professeur a déclenché chez moi l’envie d’aller beaucoup plus loin.

Aujourd’hui, en tant que membre actif de l’association, une de mes tâches a pour objectif de permettre à ses membres d’échanger, d’observer et d’avoir une approche intime avec les végétaux. Comme dans de nombreuses disciplines japonaises, l’ikebana n’est pas uniquement de la technique mais c’est surtout de la pratique. L’art floral japonais naît du respect envers la nature et apprend à faire preuve de patience et d’effort pour vaincre les difficultés, se dominer, se dépasser. Ainsi, l’ikebana repose sur une manière de vivre, une philosophie.

Je regrette un peu que peu d’hommes ne fréquentent les cours d’Ikebana. Je ne pense pas que les hommes soient moins sensibles où moins capables d’aimer cet art puisque les samouraïs, à l’époque, pratiquaient l’Art des fleurs en temps de paix pour travailler leurs concentrations.

Déroulement type d'un cours : Le cours d'une heure et demie est destiné aussi bien pour les débutants, qu’aux personnes ayant déjà pratiqué.

Il commence par la mise en place des contenants et les outils nécessaires à la réalisation de votre composition. Chaque élève débute avec les mêmes types de végétaux. L’intervenante donne une explication concernant le style d’Ikebana à réaliser et donne des conseils sur la meilleure manière de couper, d’implanter et d’orienter les végétaux, puis l’aide à ajuster la composition. Après avoir achevé votre arrangement, place à la correction devant une tasse de thé et petit gâteau.

L’étape importante à ne pas oublier est de prendre une photo, car au moment où on commence à s’attacher à notre composition, on vous demandera de la démanteler afin de faire un nouvel essai chez vous."


Valérie Gaudin

"Les oiseaux et les hommes s’accordent pour parler des fleurs. Et pour preuve, j'aimerais partager avec vous ces deux citations : « Heureux celui qui... comprend sans effort le langage des fleurs et des choses muettes ». Baudelaire, Les fleurs du Mal.

« Dans la grise et tremblante lumière d'une aube de printemps, n'avez-vous jamais senti, en entendant murmurer les oiseaux dans les arbres, avec une cadence mystérieuse, que ce ne pouvait être que des fleurs qu'ils parlaient entre eux ». Okakura Kakuzō, Livre du Thé.

Pour moi, l'Ikebana est tout à la fois une invitation à la beauté, un apprentissage, et une méditation sur la relation de l’Homme au Cosmos.

Ikebana vient de Ikeru « faire vivre » et Hana « fleurs ». Il s'agit de faire vivre des fleurs dans de l’eau.

Sécateur en main, avec précaution et discernement, on raccourcit un rameau, on dégage une fleur. Un corpus de règles de composition établi par une tradition transmise de maîtres à disciples depuis environ 600 ans, guide la main afin que la composition traduise l’essence naturelle des fleurs, leur beauté intrinsèque, et la vie qui les anime. Lorsque l’élève aura intégré les règles, ces règles lui permettront d’exprimer librement tout son potentiel créatif, de révéler le trésor de beauté qui se cache en chacun.

La composition terminée, celle-ci devient un instant simple et éphémère de partage poétique.


Ghislaine Benoit Faire et refaire, prendre le temps d'essayer, se donner le droit de se tromper, partager un moment d'harmonie, toujours dans le plaisir de l'instant…

J'ai appris l'art de l'arrangement floral japonais avec Akiko Gishi. Akiko m'a fait prendre conscience que c'est avant tout en faisant qu'on apprend et que l'expérience est le plus sûr chemin d'apprentissage. Comprendre "avec la tête" vient ensuite.

L'ikébana met de l'harmonie dans ma vie : chaque fleur a sa propre personnalité et c'est ce qu'on cherche à percevoir quand on s'exprime en Ikebana. C'est ce moment de présence aux fleurs, pour moi proche de la méditation, que j'essaie de transmettre aux autres avec le plus grand plaisir."

Sites : http://www.quartier-japon.fr/ateliers-culturels/atelier-creation/ikebana http://ikebanaparis.fr/


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