• Quartier Japon

Comment se déroule un cours de japonais ?

Quand on n'a jamais fait de japonais ou seulement à travers différents outils proposés sur Internet, il peut être difficile de se projeter dans un cours, au sein d'un groupe.

Les cours sont-ils scolaires ? L'écrit et l'apprentissage des kanji et de la grammaire sont-ils prépondérants au détriment de l'oral ? A-t-on l'occasion de parler en japonais pendant le cours ? Autant de questions reçues chaque année à la rentrée, qui nous ont incités à partager ce reportage.

Merci H. sensei, pour le partage de son savoir-faire !

Le déroulé type d’un cours

Nous avons pris l’exemple d’un cours collectifs de japonais de niveau débutant, d’une durée d’1h30.


Pendant la première partie du cours, soit environ 15mn, nous nous « changeons la tête » selon la méthode japonaise et je dis au groupe des phrases simples de salutation, auxquelles tout le monde répond tous ensemble. Cela permet la cohésion du groupe.


Ensuite, je demande qui est présent et qui est absent, en appelant chaque participant en japonais, par son prénom et chaque élève doit répondre en japonais, comme cela se passe au Japon. Cela permet à chacun de voir comment cela se passe dans les classes japonaises. Egalement, chacun sait ainsi comment son prénom se prononce en japonais et chacun s’habitue à répondre en japonais et à la japonaise, notamment en levant la main au moment de prendre la parole.

Je parle ensuite de la date, pour que chacun puisse s'habituer au calendrier japonais et à l’écriture de la date en japonais au tableau. Pour les classes de faux débutant, j'ajoute les horaires.


La seconde partie, d’une durée environ de 10mn, est consacrée à des phrases simples, comme « o genki desuka » (vous allez bien ?) ou « isogashii desuka ? (vous êtes occupé ?) et, de temps en temps, je pose aussi une question concernant un point vu lors de la leçon précédente. Par exemple, « kore ha nan desuka ? Nihongo no hon desu » (Qu’est-ce que c’est ? C’est le livre de japonais). Cette phrase de conversation adressée à chaque élève, sert à faire parler tous les élèves, qui répondent chacun leur tour par « oui » ou « non » et une réponse simple. Outre que cela leur permet de se « changer la tête à la façon japonaise », ainsi, chaque élève peut prendre la parole en japonais au moins une fois pendant le cours et cela peut aider pour lever le blocage de certains élèves de parler en japonais devant le groupe.


Pour la troisième partie, 20mn, j’aborde les devoirs donnés lors du cours précédent : je lis la phrase de l’exercice et chaque élève, chacun son tour, répond. Cela permet à la fois de réviser ce qui a été fait la semaine précédente et, là encore, de faire parler chaque élève, chacun son tour, pour éviter que ce ne soit que les mêmes élèves qui parlent. Je peux aussi vérifier que le point de la leçon précédente a été bien assimilé par chacun et, si besoin le réexpliquer.


La quatrième partie, la plus longue, dure environ 30mn. J’aborde alors un nouveau point de grammaire ou une nouvelle formule, tout en ajoutant de nouveaux mots de vocabulaire, selon le manuel Minna no Nihongo.

Tout en expliquant le nouveau point, j’écris sur le tableau ce nouveau point. Ensuite, j’écris des phrases exemple, comment ce point est utilisé en japonais. Au début, j’écris en alphabet et ensuite, quand les syllabaires sont connus, j’écris en hiragana. De temps en temps, je demande aux élèves de lire ce que j’ai écrit au tableau, pour vérifier que les élèves connaissent les hiragana utilisés et leur prononciation et pour rendre le cours plus actif et vivant.

Je pose aussi souvent la question suivante « Si je veux dire, demander xxx en japonais, si je veux utiliser le mot xxx ; d’après vous, comment peut-on dire en japonais ? ». C’est ainsi l’occasion d’introduire une nouvelle phrase, un nouveau mot, du vocabulaire.

Par exemple, en montrant un livre de japonais, je dis « kore ha nihongo no hon desu. » (C’est un livre de japonais). Sur le livre, il y a des photos de voitures. Je dis donc qu’en japonais, le mot « voiture » se dit « kuruma », puis je demande aux élèves « Comment dit-on « c’est un livre de voitures » en japonais ? ». La réponse est « kore ha kuruma no hon desu ».


Pour la cinquième et dernière partie, de 15mn environ, nous prenons le manuel pour faire tous ensemble les exercices du livre. Cela me permet de vérifier si les élèves ont bien compris ce qui a été expliqué pendant la quatrième partie du cours et de répondre aux questions des élèves, s’ils en ont. Pour les élèves, c’est plus facile pour eux de poser des questions quand on utilise le manuel et que l’on part du support.

A la fin du cours, je donne un devoir à faire pour le cours suivant, concernant un point étudié pendant le cours.

Puis, avant de nous quitter, salutations « au revoir, à la semaine prochaine », pour terminer le cours à la japonaise : tout le monde répond tous ensemble, ce qui renforce la cohésion du groupe avant de se séparer.


La vérification de l’acquisition des savoirs :

Pendant la seconde partie, je pose des questions sur ce qui a été étudié pendant la leçon précédente ou pour vérifier régulièrement que chacun se souvient bien comment se dit la date en japonais. Par exemple « quelle est la date de ton anniversaire ? Le jour, le mois et l’année ».

Un autre moyen, c’est d’utiliser les deux pages d’exercices et de tests présentes toutes les 4-5 leçons dans le manuel Minna no nihongo ; ces exercices portent sur ce qui a été vu pendants les leçons précédentes.

Au retour de cours après une semaine de vacances, je propose également aux élèves des exercices portants sur ce qui a été vu pendants les leçons précédentes, à la fois pour réviser et aussi pour voir quels points n’ont pas été assimilés ou oubliés par les élèves et ainsi les expliquer de nouveau. Après une semaine de congés de cours, je prends davantage le temps de parler plus longuement et je n’avance pas sur de nouveaux points de grammaire, pour vérifier l’acquisition et le non oubli.


2 ou 3 fois dans l’année, je donne comme devoirs d’écrire des phrases en japonais. Par exemple, d’écrire au sujet de leurs vacances ou de leur week-end, en utilisant des formules qui ont été enseignées pendant les cours. Notamment, je peux ainsi corriger les post-particules, pour lesquelles il y a souvent des erreurs. Une difficulté à propos des classes de débutant, c’est qu’ils ont un vocabulaire et une grammaire limités, donc quand je leur donne ce type de devoir ou en le corrigeant, je leur rappelle bien que c’est normal qu’ils soient ainsi limités car ils n’ont pas encore beaucoup appris.

A la fin de l’année scolaire, je leur propose un test de fin d’année, pour vérifier leur niveau et leur permettre de se situer.


Comment je m’adapte si un élève n’a pas compris ou mal compris ?

1er cas : Si je me rends compte pendant le cours, qu’il n’a pas compris.

J’explique donc en français avec le vocabulaire français et je donne un premier exemple en français concernant le point mal compris. Je propose également un second exemple, portant sur le même point. Ensuite, je demande à l’élève de répondre en japonais à l’exercice proposé en français. A la fin, je propose le même exercice, mais cette fois en japonais.


2e cas : si l’élève ne peux toujours pas comprendre, pendant le cours, malgré mon intervention.

(Il s’agit alors le plus souvent de questions précises, qui désarçonnent les professeurs japonais, qui ne savent pas comment y répondre en français)

Je peux demander à un autre élève qui a compris de l’expliquer à celui qui n’a pas compris ou je peux faire référence à un manga ou à un animé que les élèves connaissent, en leur disant « dans tel animé, il est dit comme cela… ».


Si cela ne suffit pas, je dis à l’élève ou aux élèves : « je ne peux pas vous répondre dans l’immédiat. » Si je ne suis pas sûre de moi, je précise en leur disant que je vais vérifier à la maison et que je leur expliquerai de nouveau la semaine suivante (notamment comment expliquer en français et pour des Français, ou répondre à une question. Dans ce cas, elle demande à son mari français ou à sa fille qui fréquente l’école française, comment elle peut expliquer).

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