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Mariko, mon travail : présenter la culture et la langue japonaises en France

Dernière mise à jour : 26 mai

Mariko - En France depuis 2014. Professeur chez Quartier Japon, depuis 2015.

C Mariko

QJ : Tu peux te présenter en général ?

Enchantée, je m’appelle Mariko, je suis japonaise et j’habite en France depuis 8 années au total, en comptant ma première année en 2011.

Je suis née et j’ai grandi à Kobé, une ville japonaise dans laquelle se mêlent en permanence beaucoup de différentes cultures étrangères.

Je suis professeure de culture japonaise, c’est-à-dire que j’enseigne à la fois la langue japonaise et des pratiques culturelles japonaises, comme l’origami, la calligraphie, l’illustration…


QJ : Pourquoi tu es venue en France et tu es restée en France ??

J’ai étudié, au Japon, la pédagogie des beaux arts car j’aimais bien les beaux arts.



A l’université, j’ai aussi commencé à m’intéresser à la vie quotidienne de la France, parce que la France est réputée en général en tant que pays des beaux arts. Notamment, en France, il y a beaucoup de musées consacrés à l'art.

Mais aussi, parce j’avais lu des livres qui parlaient de la vie quotidienne des Français, dans laquelle la vie culturelle semblait tenir une place importante. La culture fait partie de la vie quotidienne et n'est pas quelque chose à côté. Par exemple, beaucoup de Français assistent à des concerts, du théâtre le soir en semaine et pas seulement le week-end ou à des moments plus formels.

En même temps, j’ai voulu voir le monde. Donc j’ai fait une année d’échange universitaire, à Nice.

J’ai ainsi passé un année et vécu la vie française pendant une année et j’ai beaucoup aimé. Grâce à cette année, non seulement l'image que je m'étais faite de la France m'a plu, mais la réalité m’a plu aussi. Après, comme je n’étais restée qu’une année, j’ai eu envie de rester plus longtemps en France.

Mais je suis cependant retournée au Japon pour y achever mes études.

Mes études terminées, j’ai un peu hésité : "Est-ce que j’allais rester travailler au Japon ou j’allais aller en France pour cette fois y travailler ?"

Finalement, j’ai décidé de venir directement en France.

Parce qu'à ce moment-là, il y avait eu un grand tremblement de terre au Japon en 2011, dans la région de Fukushima. Et, de ce fait, le processus de recrutement pour devenir professeur au Japon, s’est trouvé reporté. Et puis, à cause de la survenue de ce terrible tremblement de terre et de ses conséquences, cela m’a fait comprendre que la vie est courte et je me suis dit qu’il fallait que je fasse ce que je voulais. Et j'ai décidé de partir vivre en France !

La France, c’est un pays multiculturel. Mais plutôt que Nice, j’ai décidé de venir à Paris, la ville vraiment multiculturelle, internationale.


QJ : Depuis ton arrivée et jusqu’à présent, qu’est-ce que tu as fait chez Quartier Japon ?


Avant de trouver Quartier Japon, j’ai cherché un endroit où je pourrais enseigner la culture japonaise, en tant que Japonaise. Et c’est comme cela que j’ai rencontré Quartier Japon.

J’ai trouvé Quartier Japon sur Facebook, mais auparavant, j’avais aussi trouvé Quartier Japon sur la page des associations de l’ambassade du Japon en France.

Je suis ensuite allée visiter Quartier Japon pour voir comment était l’école. Le responsable, Stéphane, m’a alors proposé de remplacé une professeure de japonais, qui venait de changer de travail.

C'est comme cela, que j’ai donc débuté ma carrière de professeure de langue japonaise. Je n’avais cependant pas beaucoup d’expérience dans l’enseignement d’une langue, mais j’ai appris sur le tas, en même temps que j’enseignais.

Après, j'ai eu de plus en plus de cours, pas seulement des cours de langue mais aussi des ateliers de pratiques culturelles japonaises, des activités manuelles.

Comme ma spécialité était davantage les beaux arts que l'enseignement d'une langue, j’ai ainsi pu animer aussi des ateliers d'activités manuelles, comme des cours d'origami, de furoshiki, d'illustration japonaise...

Et jusqu’à ce jour, depuis 5 années, je poursuis mon expérience d'enseignement et d'animation auprès d’un public d’élèves de différentes tranches d’âges, des enfant de 6 ans jusqu’aux adultes et les séniors.


QJ : Au cours de ces différente activités, quelle a été ton impression ? Est-ce qu’il y a eu des aspects qui t’ont surprise, déçue … ?


Oui, au début, quand j’ai commencé à enseigner, parce que je ne m’attendais pas à enseigner la langue japonaise. Je voulais faire plutôt des activités manuelles. Mais comme on m’a proposé l’enseignement de la langue, j’ai accepté. Puis j'ai continué à faire des efforts pour donner le meilleur de moi.

Ce que j’ai finalement compris, pour l'enseignement du japonais : bien sûr, on a besoin de techniques, de connaître des techniques d'enseignement concernant la pédagogie, mais le plus important, c’est comment faire pour que les élèves se motivent (car ils se motivent eux-mêmes) ?

J’ai beaucoup réfléchi, à comment je peux les amuser tout au long de leur apprentissage du japonais. Cet aspect, aussi, ça m’a plu : le fait de trouver comment les aider à se motiver. Cela m’a plu à moi aussi et cela m’a motivée.

Depuis, avec ces 5 années d’expérience, j’ai compris qu’en tant que professeur, si je m’amuse en tant que professeur tout en restant professionnelle, le cours sera réussi. Pour moi aussi, ce temps d’enseignement avec les élèves est un trésor !

Il n’y a pas vraiment de points qui m’aient déçue, parce que tous les élèves sont déjà motivés dès le départ de leur apprentissage ou de leur participation aux activités culturelles. Il n’y avait donc pas de difficulté. Les motiver davantage et les aider à maintenir leur motivation, c’est la gageure.

J’aime beaucoup ce métier, parce qu’on peut aussi en faire un échange culturel : c’est très intéressant de voir comment les Français apprennent le japonais. Ils ont besoin d’explications, mais dès qu’ils ont compris, cela devient dynamique et vivant.

C’est différent d’avec des élèves Japonais. Les Japonais ont un peu mal à être dynamiques.

Mais que les élèves français aient d'abord besoin d'explications, je trouve que c’est bien. J’aimerais continuer ce travail.


Article paru initialement le 06/05/2020






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