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Les dessous de Yoshiwara, l'ancien quartier des plaisirs d'Edo

Dernière mise à jour : 26 mai

Stéphane

Yoshiwara, vous connaissez ?

Nous nous faisons tous tout un tas d'images à propos de ce grand quartier de plaisirs d’Edo (l’ancien nom de Tôkyô), de 1617 environ à 1958. (voir l’article de Wikipédia :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Yoshiwara)

Immédiatement, « Yoshiwara », ce nom nous fait penser à l’univers des Geishas, au Monde Flottant des estampes…

« Geisha », ce mot à lui seul nous évoque un tas d’images des plus diverses : prostituée de haut rang, raffinement, l’époque des samouraïs, les plaisirs charnels et esthétiques… Tout un tas d’images qui suscitent souvent nombres d’aprioris chez nous autres Occidentaux.


Il y a quelques années auparavant, j’avais lu un roman et un docu-roman sur ce milieu et sur la condition de « geisha » - Yuki Inoué « Mémoires d'une geisha » et Sawako Ariyoshi « Le miroir des courtisanes », qui m’avaient tous deux marqué par leur érudition sur le sujet.


Mais cette fois, en dévorant « Les mystères de Yoshiwara » de Kesako Matsui, j’ai vraiment découvert un autre visage de ce monde si complexe, d’autant plus à travers un tout nouvel angle d’approche.


Il s’agit en effet d’une sorte d’enquête policière, au cours de laquelle le lecteur est amené à appréhender la situation du point de vue de celui qui enquête. En cela aussi, cet angle d’approche et de construction nous roman m’a véritablement surpris et plu, à tel point que j’ai souhaité vous présenter cet ouvrage.


Dès les premières lignes, le lecteur–enquêteur découvre cet univers extrêmement codifié, à travers les dires des différents interlocuteurs qui occupent tous un rôle particulier, et complémentaire, au sein de ce milieu et dans l’affaire qui l’amène à enquêter. Ce point de vue apporte une fraicheur inhabituelle à ce récit, qui permet une description vivante des milles et un rituels codifiant ce milieu et les relations entre chacun de ses différents acteurs : les patrons des maisons de thé, les clients, les courtisanes des différents niveaux, les préposés aux lits, les tenanciers des établissements, les coupeuses de doigts et les trafiquants de petites filles…


Ainsi, saviez-vous que les courtisanes se coupaient autrefois parfois un doigt pour le faire porter à celui, parmi leurs meilleurs clients, auquel elles souhaitaient faire savoir qu’il comptait le plus pour elles. Avec le temps, en guise de doigt, une réplique en pâte de riz fit ensuite l’affaire. La réalisation de ces faux-doigts constituait par ailleurs l’un des innombrables petits métiers de Yoshiwara, qui se transmettait d’une femme à une autre, selon une espèce de concession.


Nombreuses sont les anecdotes de cet acabit, qui jalonnent les pages de cet ouvrage. Peu à peu, au grès de ces découvertes, ce récit nous amène à réaliser ce qui a motivé Katsuragi, la plus grande des courtisanes de son époque, à faire ce qu’elle fit…


Article paru initialement le 26/01/2014

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