• Quartier Japon

Langue et culture japonaises vont de pair !

Dernière mise à jour : 2 févr.

Stéphane

Récemment, au cours d’un échange de langue avec une amie, professeure de japonais pour les étrangers au Japon, nous parlions, en japonais : « Récemment, depuis qu’il y a un nouveau prestataire pour les Véli’b, le service est devenu tellement de mauvais niveau, que j’ai finalement non renouvelé mon abonnement. Je ne fais donc plus de vélo plusieurs fois par semaine pendant plusieurs heures, comme auparavant.

Le pintemps me manque (pendant l'hiver)

« Ca me manque de ne plus faire de vélo. », je l’avais exprimé en japonais par la phrase suivante « 自転車に乗れないので、恋しいです。 »

Je vois alors mon interlocutrice devenir perplexe, elle réfléchit, puis me dit que, certes, ma phrase est correcte, elle comprend ce que je veux dire, mais on ne dit pas comme ça en japonais.

Forcément, je lui demande comment on dit l’expression « ne plus faire quelque chose me manque » et forcément, survient un moment de flottement, de réflexion de sa part.

Moment après lequel, elle me dit 「自転車に乗れないのでさびしいです。」

« さびしいです », c’est « être triste ».

Ainsi, littéralement 「自転車に乗れないのでさびしいです。」, cela se traduirait par « Je suis triste de ne pas pouvoir faire du vélo. »


« Triste », c’est un peu fort dans ce cas, n’est-ce pas ?

Mais « さびしい », dans notre cas, cela correspond plutôt à notre expression « ça me manque de ne plus faire ».

Quant à « 恋しいです。 », en japonais, comme me l'explique Yumiko, cette forme est utilisée dans le cas de « X personne me manque » ou encore « Mon chat est mort, il me manque. »

Cette situation, en quelque sorte d'inversion des concepts et des formes verbales pour les traduire, est fréquente quand on essaye de traduire le japonais vers le français et réciproquement.

C'est pour cette raison, qu'il est insuffisant de se contenter d'un seul apprentissage de la langue.

Il est en effet tout aussi important de se sensibiliser à l’autre culture, afin de pouvoir saisir toutes ces nuances et proposer une traduction adéquate.

A l’inverse, si on ne s’en tient qu’à la langue, au mot à mot, cela aboutira forcément au malentendu et au risque de la perte de la relation avec notre interlocuteur japonais…


Yumiko me précise également, plus tard : 「ちなみに名詞を使えば、「恋しい」も使えます。でも文脈と、その名詞の意味で、使える時もあれば、使えない時もあります。」

A propos, si le sujet est mentionné, on peut utiliser 「恋しい」. Mais selon le contexte et la signification de ce sujet, il y a des cas où 「恋しい」 peut être utilisé et d’autres cas où il ne peut pas être utilisé.

Par exemple :

  • Est possible「旅行の間は自転車に乗れなかったので、自転車が恋しかった」Pendant mon voyage, je n’ai pas pu faire de vélo. Le vélo m’a manqué ».

  • N'est pas possible 「旅行の間は料理ができなくて、料理が恋しかったです。」Pendant mon voyage, je n’ai pas pufaire de cuisine. La cuisine m’a manqué »

  • Est possible「旅行の間は料理ができなくて、さびしかったです。」Pendant mon voyage, je n’ai pas pu faire de cuisine. Cela m’a manqué. »

  • Est possible「旅行の間は料理ができなくて、家の台所が恋しかったです。」Pendant mon voyage, je n’ai pas pu faire de cuisine. La cuisine de chez moi m’a manqué. »

Dans les premières années de mon apprentissage et de pratique du japonais, ce n'était pas si compliqué que cela et surtout que cela paraissait.

Mais après plusieurs années et dès lors que mes interlocuteurs japonais me livrent des explications plus précises sur leur langue et me corrigent plus en détail, je saisis toute l'ampleur de la complexité du japonais...


Ce ne serait donc pas la langue qui serait complexe, mais toutes ces nuances, qui sont directement reliées à la culture ?


Article publié initialement le 03/09/2018




6 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout