• Quartier Japon

La calligraphie, quelques stéréotypes

Dernière mise à jour : 26 mai


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1ère anecdote :

Samedi après-midi, chez Quartier Japon, commencera dans quelques instants le cours collectif de calligraphie mensuel. Nos habitués, depuis 3-4-5-6 ans selon les personnes, finissent de s’installer ou ont déjà commencé leurs premiers exercices de calligraphie. Bien que la salle paraisse remplie, car chacun est installé à son aise, ses affaires à l’écart de l’endroit de la table réservée à la calligraphie, pas un bruit dans la salle, une atmosphère dense propre à cette classe, spécifiquement, que je retrouve également dans le cours d’ikebana, l’arrangement floral japonais.


Au premier rang, devant la table de la calligraphe, les nouveaux élèves, des débutants, qui n’ont jamais pratiqué mais auxquels a été offert un bon cadeau de calligraphie ou / et qui ont souhaité participer et découvrir la calligraphie, par ce premier cours. Parmi ces trois personnes, l’une d’entre elle a les yeux rivés sur son smartphone, visiblement en plein échange SMS ou mail. Elle ne le lâchera visiblement qu’avec regret lorsque la calligraphe commencera à leur expliquer les bases de la calligraphie japonaise, en leur commentant le petit document qu’elle leur aura remis.

3 heures plus tard, lorsque le cours se terminera, la personne au smartphone quittera rapidement le cours, comme son demander son reste, mécontente d’avoir passé plus de deux heures à faire des gouttes, des points et des traits avec son pinceau.



2nde anecdote :

Le téléphone sonne à la maison : c’est une personne intéressée par prendre un cours de calligraphie.

Elle n’en a jamais fait, mais elle pratique depuis plusieurs années le zen.


Calligraphie et zen étant associés dans son esprit, elle souhaite débuter cette nouvelle activité, avec vraisemblablement l’idée de s’inscrire ensuite à de futurs cours après son premier cours de calligraphie.

Le jour dit, alors que je passe dans la salle au cours de l’atelier, je note bien une personne, parmi les nouvelles, dont les gestes, la position du bras qui tient le pinceau, me paraissent rigides, car retenus et crispés.

A la suite du cours, après que j’aurai mailé mon courriel de remerciement aux nouvelles personnes pour leur présence à notre cours, une seule ne me répondra pas. Quelques semaines plus tard, elle m’adressera un courriel pour ne plus recevoir de courriel de la part de Quartier Japon.



3ème anecdote :

Cette nouvelle participante avant reçu un bon cadeau pour un cours de calligraphie, de la part de son mari, pour son anniversaire. A la pause, je lui demande si le cours lui plaît.


Quelle surprise, face à sa réaction ! « Vous ne devriez pas mélanger avec des personnes qui en font (de la calligraphie) depuis plusieurs années ! C’est frustrant !! »

Face à ma mine interrogative, elle poursuivit « J’ai passé tout le début du cours à ne faire que des gouttes !! C’est très frustrant ! Il faut prévenir les gens avant !!! »


« La calligraphie, c’est comme cela qu’elle s’enseigne. Les personnes font, d’abord, des points et des traits. Ce sont les bases de la calligraphie ! »


Un peu calmée, la personne m’a remercié de mon explication, avant de retourner en cours.

Toujours sous le choc de cette première réaction, j’en parle à l’une de nos personnes habituées, qui pratique avec Quartier Japon depuis déjà plusieurs années : « Nous aussi, on a commencé par faire les points et les traits », me dit-elle, elle aussi pareillement un peu interloquée.

« Calligraphier un kanji, ça ne se fait pas comme ça ! », elle ajouta.


Article paru initialement le 08/10/2017


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